Décider pour tous, n’avoir personne à qui parler

Un élu décide chaque jour pour des milliers de personnes et ne dispose d’aucun interlocuteur pour lequel il ne serait pas, d’abord, l’élu. Dans son équipe, il est le patron. Dans sa majorité, un allié ou un rival. Chez lui, quelqu’un qui rentre trop tard.

On lui conseille de se faire accompagner, de prendre du recul, de s’entourer. Ces conseils sont justes et ne touchent pas l’essentiel : ce qu’il ne parvient pas à faire alors qu’il le sait. Déléguer, renoncer à un dossier, laisser perdre un combat, s’accorder un temps mort.

Ce que la psychanalyse permet d’entrevoir, c’est que ces impossibilités ne sont pas des insuffisances d’organisation. Elles disent une fidélité ancienne, une dette, une manière d’exister par la fonction. L’élu n’en est pas responsable. Il peut en traiter les effets, une fois qu’il les entend.

Cela demande un lieu qui ne soit pas son bureau, ni sa permanence, ni son conseil.

Voir : Psychanalyste pour élus et décideurs publics en France.

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Décider pour un pays, n’en parler à personne

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