Quand la fonction tient lieu d’adresse

Au retour d’un poste, ou au terme d’une mission, la fonction cesse de répondre à la question de la place. On n’est plus attendu quelque part, on ne parle plus au nom de quelqu’un. Certains ressentent un soulagement qu’ils n’osent avouer, d’autres un vide qui les surprend.

Pendant des années, la fonction a tenu lieu d’adresse : on existait pour quelqu’un, en continu, avec un titre qui précédait le nom. Sa disparition ne retire pas seulement un statut. Elle retire ce qui répondait, sans qu’on le demande.

La littérature sur la transition parle de projet et de reconversion. Elle laisse de côté ce qui s’était logé dans la fonction : un désir de reconnaissance, une dette envers quelqu’un, une peur de ne plus compter.

Un cadre confidentiel, hors de toute institution, permet de savoir ce qu’on avait demandé à la fonction de réparer. Voir : Psychanalyste pour diplomates et décideurs publics à l’étranger.

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Quand le mandat devient une identité